la phobie alimentaire ne touche pas que les enfants

La phobie alimentaire ne touche pas que les enfants

Chers lecteurs,
Le saviez-vous ? Un Français sur 10 souffre d’une phobie. On connaît tous la peur des araignées ou la peur de prendre l’avion. Mais peu de personnes ont entendu parler de la phobie alimentaire. Et pourtant elle existe. Elle touche plusieurs personnes, peut-être même dans votre entourage proche.

𝑹𝒆́𝒔𝒖𝒎𝒆́ 𝒅𝒆 𝒍’𝒂𝒓𝒕𝒊𝒄𝒍𝒆.
Les phobies alimentaires sont méconnues mais bien réelles : bien au-delà du simple dégoût, elles relèvent d’un trouble psychique pouvant fortement impacter le quotidien, la vie sociale et la santé (isolement, carences, anxiété).
Il en existe de nombreuses formes : peur d’une couleur d’aliment (chromophobie), de la viande (créatophobie), de manger en public (dépnophobie), de goûter des aliments inconnus (néophobie)…
Elles se soignent : la Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC) est le traitement de référence, et un orthophoniste peut également aider à poser un diagnostic. Première étape : oser en parler.

Alors, c’est quoi une phobie alimentaire ?

Sans rentrer dans une explication trop complexe (car nous ne sommes pas des professionnels de la santé), une phobie s’apparente a un trouble psychique, à une crainte très forte, une aversion très vive pour quelque chose ou pour quelqu’un. Dans l’alimentation, il en existe plusieurs et on vous en présente 9 ci-dessous.

8 phobies alimentaires à connaitre

La chromophobie

Comme son nom l’indique, la chromophobie se traduit par la peur de manger des aliments d’une certaine couleur. On va par exemple avoir peur des aliments de couleur verte, et retirer de notre alimentation les haricots verts, petits pois, courgettes, pommes…

La créatophobie

La créatophobie, c’est la peur de manger de la viande. L’idée même d’approcher une boucherie et de regarder les produits à l’intérieur peut être une véritable souffrance. C’est l’une des phobies alimentaires les plus courantes.

La dépnophobie

Très contraignante pour la vie sociale, la dépnophobie est la peur de manger devant d’autres personnes. Difficile donc d’imaginer prendre son déjeuner entre collègues ou entre amis, ce qui peut nous isoler du reste du groupe.

L’ichtyophobie

Contrairement à la créatophobie, l’ichtyophobie désigne la peur de manger du poisson. Cela peut même aller jusqu’à la peur d’en voir, d’en sentir et d’en toucher. Mais aussi d’imaginer se baigner dans une rivière puisqu’un poisson pourrait nous toucher par mégarde.

La lachanophobie

La lachanophobie, c’est la peur de manger des légumes. On ne parle pas ici du fait de ne pas aimer les légumes, mais bien une peur panique d’en approcher ou rien que d’y penser. C’est une phobie qui est assez rare.

La méthyphobie

La méthyphobie est peut-être la phobie la moins dangereuse pour la santé puisqu’il s’agit de la peur de consommer de l’alcool. Elle induit aussi la peur de perdre le contrôle de soi-même en ayant bu de l’alcool.

La mycophobie

La mycophobie se traduit par la peur de manger des champignons. C’est une phobie qui n’a pas de grande répercussion sur notre quotidien et qui se soigne assez facilement en quelques mois.

La phagophobie

La phagophobie se traduit par la peur de consommer des aliments qui peuvent provoquer un étouffement (médicaments à avaler, aliments solides…).

Zoom sur la néophobie

La peur de l’inconnu dans l’assiette

La néophobie alimentaire, du grec neo (nouveau) et phobos (peur), désigne le refus catégorique et anxieux de goûter des aliments inconnus ou inhabituels. Elle va bien au-delà du simple caprice ou d’une préférence : c’est une réponse émotionnelle intense, parfois accompagnée de nausées, de sueurs ou d’une véritable crise de panique à la simple vue d’un plat nouveau.

Un phénomène normal… chez l’enfant

La néophobie est en réalité une phase développementale courante qui apparaît généralement entre 2 et 6 ans, avec un pic autour de 3 ans. Elle touche environ 77% des enfants et constitue, d’un point de vue évolutif, un mécanisme de protection ancestral : à l’époque où l’être humain était cueilleur, se méfier d’un aliment inconnu pouvait tout simplement lui sauver la vie. Chez la plupart des enfants, cette phase disparaît progressivement grâce à l’exposition répétée (il faut en moyenne 8 à 15 présentations d’un aliment pour qu’un enfant l’accepte).

Quand elle persiste à l’âge adulte

Dans certains cas, la néophobie ne disparaît pas et accompagne l’individu jusqu’à l’âge adulte. Elle peut alors avoir des conséquences significatives :

DomaineImpact
Santé physiqueAlimentation très sélective → risques de carences nutritionnelles (vitamines, fibres, minéraux) et régime trop riche en aliments « de confort » (féculents, sucres)
Santé mentaleSentiment de honte, frustration, anxiété anticipatoire avant chaque repas inhabituel
Vie socialeÉvitement des repas au restaurant, des voyages, des invitations → isolement progressif
Vie professionnelleDifficulté lors des déjeuners d’équipe, séminaires ou déplacements à l’étranger

Les facteurs qui l’entretiennent

Plusieurs éléments peuvent expliquer la persistance de la néophobie :

  • Facteurs génétiques : des études sur les jumeaux suggèrent une composante héréditaire pouvant atteindre 60 à 70%.
  • Environnement familial : des parents eux-mêmes néophobes ou une faible diversité alimentaire dans l’enfance.
  • Sensibilité sensorielle accrue : une hypersensibilité aux textures, aux odeurs ou aux goûts (souvent liée au profil de supertaster, les personnes possédant davantage de papilles gustatives).
  • Expériences négatives passées : un épisode d’étouffement, de vomissement ou de forçage alimentaire dans l’enfance.

Comment traiter une phobie alimentaire ?

La bonne nouvelle, c’est que les phobies alimentaires peuvent se traiter :

  1. La TCC (Thérapie Cognitivo-Comportementale) : exposition graduelle et progressive aux aliments redoutés, travail sur les pensées anxiogènes.
  2. La désensibilisation sensorielle : approcher l’aliment par étapes — le regarder, le toucher, le sentir, le porter aux lèvres — avant de le goûter.
  3. L’accompagnement par un diététicien-nutritionniste pour rééquilibrer l’alimentation sans pression.
  4. Le soutien de l’entourage : un environnement bienveillant et sans jugement est essentiel pour progresser.

D’après nos différentes lectures sur le sujet, on peut aussi prendre rendez-vous auprès d’un orthophoniste afin d’établir un diagnostic.

Connaissiez-vous ces phobies ?
Connaissez-vous des personnes qui en souffrent ?

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