voyage en corse du sud : sartene, roccapina et bonifacio

Après Ajaccio, nous sommes partis pour le golfe de Valinco. On s’est arrêté pour admirer la vue sur ce golfe qui abrite le port de Propriano et de belles plages de sable fin… Dans l’arrière-pays montagneux se trouve la ville de Sartène, où l’on a décidé de passer quelques heures.

Sartène est la plus grande commune de Corse de par sa superficie. Elle se situe à 82 kilomètres d’Ajaccio et à 54 kilomètres de Bonifacio. La ville est construite à 300 mètres d’altitude et est accrochée sur un éperon rocheux. Elle est classée ville d’art et d’histoire et aussi appelée « la plus corse des villes corses » selon Prosper Mérimée. Ville fondée vers 1550 par les génois, elle n’a gardé que quelques vestiges comme la tour de l’échauguette et l’Hôtel de ville. Dans les alentours, la campagne est faite de maquis et de vignobles bénéficiant de l’appellation AOC.

vue sur sartene corse du sud

QUE VOIR A SARTENE ?

Amateurs de vieilles pierres et d’histoire, vous ne serez pas déçus. Pour ma part, j’ai tout de suite été séduite. En arrivant à Sartène, on passe un pont, le pont de la Scaledda. Déjà, on peut admirer les fortifications de la ville, les maisons construites sur la roche, ses remparts, l’Echauguette (tour génoise du 16ème siècle qui a été construite sur les bases d’une ancienne tour médiévale) située à côté de la poste. Appareil photo et téléphone sont prêts pour dégainer.

ville medievale sartene corse du sud

On passe devant la poste, et on monte vers la place du Maghju avec ses boutiques de souvenirs, de produits locaux et artisanaux. Puis, nous passons sous le passage voûté de l’Hôtel de Ville (il devait y avoir autrefois, un pont levis pour bloquer la vieille ville aux envahisseurs) pour rejoindre la Place de la Libération, auparavant appelée « Place Porta ». Cet endroit est vraiment agréable avec toutes ces terrasses où l’on a qu’une envie : s’y installer pour y prendre un verre. Pas le temps, dommage, car on doit se rendre avant midi à Bonifacio. Une chose est sûre, je veux déjà y revenir et profiter de cette ambiance médiévale. Une fois, de l’autre côté de l’Hôtel de Ville, vous pourrez voir le blason de la ville composé d’une tour crénelée cernée de 2 mouflons et surmontée de la tête de maure.

A ne pas manquer aussi :

  • L’Eglise Sainte Marie du 18ème siècle situé sur la Place de la Libération (voir ci-dessus).
  • La vieille ville et ses venelles, ses passages voûtés, ses escaliers de pierre et ses maisons de granit.

Il est l’heure de partir de Sartène pour Bonifacio. A 24 kilomètres sur la N 196, on s’arrête à Roccapina.

ESCAPADE A ROCCAPINA

Depuis le car, on découvre la vue magnifique sur la baie de Roccapina. On descend alors pour mieux admirer le paysage et prendre en photo le « Lion de Roccapina ». Il s’agit d’une sculpture naturelle sur un éperon rocheux de granit rose. Selon la légende, le lion veille sur la marine et sur la tour génoise depuis la nuit des temps.

Sur notre gauche, on peut voir une tête d’éléphant et en contre-bas du promontoire, où se trouve le lion, se situent la plage de Roccapina et celle d’Erbaju avec ses 3 kilomètres de sable blanc. On reviendra, là aussi, car c’était une bonne surprise de découvrir cet endroit dont je n’avais jamais entendu parler.

 

BONIFACIO ET SES FALAISES DE CALCAIRE BLANC

Bonifacio est reconnaissable avec ses falaises de calcaire blanc qui surplombent la mer. Celles-ci se jettent dans la Méditerranée à plus de 60 mètres de haut. Bonifacio se divise en deux parties : la ville basse et la ville haute.

  • La ville basse

C’est impressionnant de voir tous ces restaurants sur les quais et les immenses yachts… et bien sûr la cerise sur le gâteau, la vue sur la ville haute, les boutiques, la mer… Le rêve quoi. Le port est reconnu comme le meilleur port de mouillage de la Méditerranée, à l’abri des vents.

port bonifacio ville basse corse du sud

Côté magasins de souvenirs, il y a le choix. Nous avons préféré acheter nos « cadeaux » dans une boutique de liège, tout au bout des quais, vers les remparts. Le liège étant une spécialité de la Corse. On y a trouvé un large choix de produits. Ce qui est surprenant quand on pense qu’il s’agit d’une fabrication à base de liège (chaussures, bijoux, sacs, chapeaux…).

La faim étant déjà là, direction le Restaurant La Sémillante. Soupe de poissons au menu, un plat typique corse. Pas le must pour nous… mais tous les autres se sont régalés. Pas grave, on s’est rattrapé sur la suite du repas. Le nom du restaurant fait référence à la frégate de la marine française qui a fait naufrage au large des Îles Lavezzi au XIXème siècle. 

  • Croisière des falaises

Une fois le ventre plein, nous partons vers l’embarcadère où un bateau nous attend pour visiter des grottes et longer les falaises. Tant pis, l’excursion vers les Îles Lavezzi attendra. Je crois qu’il va falloir prévoir un plus long séjour la prochaine fois pour pouvoir tout faire ! L’embarcadère est facile à situer et pour acheter vos billets, direction les « cabanes en bois ». Nous avons pris la société des promenades de Bonifacio, qui propose un départ toutes les demi-heures. Nous avons choisis de nous positionner à l’arrière du bateau pour pouvoir prendre des photos. Un choix judicieux  ? Oui et non.  Car pour l’entrée dans la Grotte Stragonato (grotte du dragon), il vaut mieux être devant.

C’est parti pour une heure d’émotions et d’émerveillement devant la beauté du paysage. Nous remontons le chenal et nous passons le long d’un petit phare rouge et blanc, le Phare de la Madonetta. Son nom provient d’une petite statue posée dans une niche sur les rochers par des pêcheurs. Il surplombe la mer et indique l’entrée du port de Bonifacio. On peut y accéder via un sentier qui se termine par un escalier, mais il ne se visite pas.

phare de la madonetta bonifacio corse

La balade en mer continue et nous arrivons à la Grotte du Stragonato. Un peu de frayeur pour rentrer dans la grotte vue l’étroitesse de la cavité. On a l’impression que le bateau va rester coincé (en tout cas pour nous vu de l’arrière). Le bateau s’engouffre doucement et là… on découvre la couleur de l’eau : transparente, d’une pureté, et sa couleur turquoise, la couleur violette au pied de la roche… Magnifique !

grotte du stragonato bonifacio corse

Le bateau fait demi-tour pour sortir et en levant les yeux, on aperçoit un trou dans la voûte qui a la forme… de la Corse ! Superbe et surprenant de voir le ciel bleu à travers ce plafond.

grotte corse bonifacio

Cette fois, nous nous dirigeons vers la Calanque de Fazzio. Beaucoup de bateaux y sont accostés pour la journée. Au bout de l’anse se trouve une petite plage, idéale pour se détendre. Nous faisons demi-tour et nous nous dirigeons le long des falaises de Bonifacio. Au loin, on aperçoit le Royal Clipper, ce superbe voilier avec ses 5 mâts. Quelle chance qu’il soit ici !

calanque de fazzio bonifacio corse du sud

Nous passons devant le gouvernail, un très gros rocher qui se trouve à côté de l’entrée de la Grotte de Napoléon faisant référence au chapeau de l’Empereur à cause de la forme de son entrée. Dame nature fait bien les choses !

grotte napoleon bonifacio corse du sud

Nous continuons notre traversée, l’appareil photo déjà bien plein, et nous nous approchons des maisons de la ville haute suspendues aux falaises. On remarque les strates de calcaire horizontales.

ville haute bonifacio corse du sudfalaises bonifacio corse du sudcitadelle ville haute bonifacio corse du sud

On aperçoit également une ligne diagonale dans la roche. Il s’agit de l’Escalier du Roi d’Aragon. On y accède par la rue des Pachas, tout en haut, dans la ville haute. Il est taillé dans la falaise jusqu’à la mer. Selon la légende, il aurait été creusé en 1420 en une nuit, à la main d’hommes, par les troupes du Roi d’Aragon. Mais la vraie histoire serait qu’il aurait été créé par des moines au moyen âge pour accéder à une source d’eau douce.

Escalier du Roi d'Aragon
Ouverture d'Avril à Septembre
Tarif : 2,50€ / gratuit pour les moins de 11 ans.
Plus de renseignements : www.bonifacio.fr

escalier du roi d'aragon bonifacio corse du sud

Puis direction, le grain de sable. Il s’agit du fameux rocher que l’on aperçoit sur toutes les photos de Bonifacio, celui qui semble s’être détaché de la falaise.

grain de sable bonifacio corse du sud

Nous revenons au port avec l’envie de refaire encore une fois cette traversée pour en reprendre encore plein les yeux. Mais d’abord, direction la ville haute.

  • La ville haute

C’est une ville médiévale avec ses 2.5 kilomètres de remparts, sa citadelle, ses ruelles, son fort construit par les Génois et ses maisons qui sont construites à même la falaise. De là-haut, on a un panorama à couper le souffle avec une vue sur la Méditerranée et la Sardaigne. Côté pratique, il vaut mieux laisser sa voiture dans la ville basse sur les parkings (5€/jour) et prendre un petit train qui vous y emmène. Pourquoi ? L’été, Bonifacio est une ville très touristique. Il y a donc des bouchons tôt le matin pour accéder à la ville haute.

Nous arrivons ensuite à l’église Sainte Marie Majeure, l’édifice le plus ancien de Bonifacio. Sur le parvis, se trouve une superbe loggia où les notables du grand conseil se réunissaient pour délibérer des affaires de la ville. Cette église en pierre blanche est reconnaissable à sa tour carrée de 5 étages. L’intérieur de l’église est vraiment beau. L’eau de pluie est recueillie par un système de gouttières reliées d’une maison à l’autre sous forme d’arcs-boutants qui servaient de canalisations. Plutôt curieux ! Face à cette église, se trouve la maison des Podestats, Palais des représentants de Gênes. Il date du XIIème siècle et est reconnaissable par ses arcatures et deux blasons sculptés. Les Podestats étaient ce que l’on appelle aujourd’hui des maires.

  • La Place de la Manichella

C’est la première fois, que je vois, creusés dans le sol, des socles circulaires. Ce sont en fait d’anciens silos à grains très profonds (sous plexiglas) où la ville gardait son blé. Ingénieux ! De la place, la vue sur la Sardaigne est magnifique.

place de la manichella bonifacio corse

  • La Rue des Deux Empereurs

Deux plaques commémorent le passage de Napoléon Bonaparte et le passage de Charles Quint. Napoléon Bonaparte s’y installa du 22 janvier au 3 mars 1793. C’est la maison de ses ancêtres « La Casa Bonaparte ». Cette maison est située à l’entrée de la citadelle. En face, dans la même rue, se trouve la maison où Charles Quint fut reçu à son retour d’Alger en 1541. Je trouve cela surprenant qu’elles se trouvent l’une en face de l’autre. Qu’en pensez-vous?

Plus loin, nous sommes passés dans la Rue Madonetta. L’artiste le « diamantaire » y a laissé sa marque de fabrique. On en a trouvé un autre en bas de la porte de Gênes. On avait déjà pu voir « son diamant » à La Rochelle lors d’un séjour. C’était donc agréable de le retrouver ici.

  • Le bastion de l’Etendard

Le bastion de l’Etendard est le plus haut de France et date du XVème siècle et a été construit pour protéger la porte de Gênes (seul accès à la ville haute à l’époque). Il domine le port. C’est superbe ! On a qu’une envie : rester là et voir le panorama et les touristes s’affairer en bas. Si vous voulez visiter les salles souterraines, il faut s’adresser à l’Office du Tourisme pour la visite qui est payante. Depuis l’entrée de la Porte de Gênes on a une superbe vue sur le port de la ville basse. On aperçoit la Chapelle Saint Roch qui a été construite au XVIème siècle en mémoire aux victimes de la peste en 1528. De cette chapelle, on a une splendide vue sur le grain de sable. Dommage qu’il y avait tant de monde. J’aurais aimé être là le matin de bonne heure pour avoir la vue à moi toute seule.

vue bastion etandard bonifacio corse

Il est l’heure de l’apéro et de manger. Nous nous arrêtons au Restaurant Le Royal avec sa vue panoramique. Nous prenons une bière Colomba, produite en corse par la brasserie Piétra. Il s’agit d’une bière blanche, aromatisée avec les parfums uniques des herbes du maquis corse. Pour moi ce sera un Cap Corse, un apéritif typique à base de quinquina. C’est une très bonne adresse !

bonifacio restaurant le royal

  • Le quartier du Bosso

C’est là que se trouve notre hôtel, lHôtel Santateresa. Je vous en parlerais plus en détail dans un prochain article dédié aux hôtels où nous avons séjourné en Corse. Au pied de l’hôtel, se trouve une tour génoise et le cimetière marin, avec ses tombeaux, chapelles blanches, orientés face au soleil couchant et à la mer. Les Bonifaciens le nomme le « Campu Santu ». Ce lieu de recueillement est unique, et j’ai été attristée de voir certains tombeaux d’une beauté tomber en ruine.

cimetiere marin bonifacio corse du sud

Ce fût un vrai bonheur d’avoir découvert Bonifacio. C’est noté dans l’agenda : il faudra y revenir en priorité ! La prochaine fois je vous emmène en montagne, à la découverte de Corte. Et pour revoir la première partie de notre voyage, c’est par ici : CORSE-DU-SUD : mon itinéraire idéal pour découvrir Ajaccio.

 

Connaissez-vous Sartène, Roccapina et Bonifacio ? Qu’avez-vous préféré lors de votre voyage ?

Virginie.

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